Microsoft a lancé lundi Copilot Cowork, un agent d'IA autonome propulsé par Anthropic, pour répondre à la demande croissante des entreprises en matière d'intelligence artificielle agentique. Un virage stratégique assumé.

Microsoft intègre Anthropic à Copilot et réduit sa dépendance à OpenAI. © Koshiro K / Shutterstock
Microsoft intègre Anthropic à Copilot et réduit sa dépendance à OpenAI. © Koshiro K / Shutterstock

Le géant américain Microsoft a officialisé, ce lundi 9 mars, le lancement de Copilot Cowork, un agent d'intelligence artificielle basé sur la technologie d'Anthropic et son modèle Claude. L'outil peut créer des applications, générer des tableaux de données et organiser de larges volumes d'informations avec une supervision humaine minimale. Une annonce qui marque aussi un tournant dans la stratégie IA de Microsoft, longtemps perçu comme trop dépendant d'OpenAI.

Avec Copilot Cowork, Microsoft joue la carte de la sécurité pour convaincre les entreprises

Copilot Cowork s'inspire directement de Claude Cowork, l'outil qu'Anthropic a lancé il y a quelques semaines et qui a rapidement fait parler de lui dans le monde des nouvelles technologies. Le principe est de confier à une IA des tâches chronophages comme créer une application, construire un tableau de données, ou trier des milliers de fichiers, et la laisser s'en charger seule, ou presque. Microsoft a flairé le filon, et compte bien en tirer parti.

Microsoft ne fait pas que copier. La firme de Redmond se différencie. Claude Cowork fonctionne directement sur l'ordinateur de l'utilisateur, ce qui pose un problème pour les entreprises, qui ne savent pas précisément quelles données l'IA consulte. Copilot Cowork, lui, opère dans le cloud de Microsoft. « Vous savez exactement à quelles informations il a accès », a assuré Jared Spataro, responsable de l'initiative AI-at-Work chez Microsoft, à l'agence Reuters. Un gage de transparence pensé pour rassurer les grandes organisations.

Et ce n'est pas qu'une question de technique. Beaucoup d'entreprises restent méfiantes à l'idée de laisser une IA manipuler leurs données sensibles sans garde-fous clairs, et ça se comprend. Microsoft le sait bien et fait de cette préoccupation son principal argument de vente. En garantissant un contrôle total via son cloud, le mastodonte transforme la peur du grand saut en raison d'adopter Copilot Cowork.

Microsoft réduit sa dépendance à OpenAI en intégrant les modèles d'Anthropic

Copilot Cowork n'est pas encore accessible à tous. Pour le moment, l'outil est en phase de test, et les premiers utilisateurs pourront en profiter en avant-première d'ici la fin du mois de mars. Concernant le prix, Microsoft a prévu d'inclure une partie de l'usage dans son abonnement Microsoft 365 Copilot, déjà facturé 26 euros HT par mois et par utilisateur, avec des fonctionnalités avancées payantes en sus.

Microsoft a également annoncé que les modèles Claude Sonnet d'Anthropic seront désormais disponibles dans M365 Copilot. Concrètement, cela signifie que l'assistant de Microsoft ne reposera plus uniquement sur les technologies d'OpenAI, son partenaire historique, mais pourra aussi s'appuyer sur celles d'Anthropic. Une diversification bienvenue, réclamée depuis un moment par les observateurs.

Car derrière cette annonce se cache aussi une réalité financière : OpenAI pèse aujourd'hui près de 45% du carnet de commandes cloud de Microsoft, une concentration qui inquiète certains investisseurs. En se rapprochant d'Anthropic, Microsoft ne rompt pas avec OpenAI mais évite de mettre tous ses œufs dans le même panier. Une stratégie de prudence, autant que d'ambition.